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Le député Abderrahim Bendaou interdit de quitter le Maroc

Interdit de quitter le territoire national, le député Abderrahim Bendaou est au cœur de l’affaire « Or Blanc », un dossier judiciaire portant sur de graves soupçons de mise sur le marché local, d’importation et d’exportation de produits alimentaires susceptibles de présenter des risques pour la vie et la santé des consommateurs.

Mercredi 4 février 2026, le parlementaire Abderrahim Bendaou a fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire, décidée par le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca. Cette mesure conservatoire intervient dans le cadre d’une enquête ouverte depuis plus de deux ans par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ).

L’affaire porte sur Prolainat Maroc, filiale du groupe Copralim, spécialisée dans les produits laitiers et fromagers, notamment la marque « Or Blanc ». L’enquête ne vise pas uniquement le député. Plusieurs responsables liés à l’entreprise sont également poursuivis, dont deux médecins vétérinaires et un autre dirigeant. Les investigations portent sur la commercialisation de produits dont la conformité aux normes sanitaires est mise en doute, ainsi que sur des soupçons d’importation et de distribution de denrées présumées avariées ou impropres à la consommation humaine.

Plus préoccupant encore, l’instruction évoque l’éventuelle utilisation de substances chimiques ou biologiques non autorisées, qui auraient été ajoutées à certains produits afin de prolonger artificiellement leur durée de conservation. Dans ce cadre, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) avait mené des inspections dans les entrepôts de la société, situés dans la province de Nouaceur.

Dans ce contexte, Abderrahim Bendaou, qui cumule un mandat électif et des activités économiques, a annoncé le gel temporaire de son adhésion au PAM, affirmant que les faits reprochés concernent exclusivement son activité professionnelle. Il a également rappelé son attachement au respect de la présomption d’innocence.

L’instruction se poursuit afin d’établir les responsabilités pénales. En cas de condamnation définitive, le député pourrait faire l’objet d’une déchéance de son mandat, conformément à la loi organique n°27.11, ainsi que d’une perte de ses droits électoraux, en vertu de la loi n°57-11. Sur le plan pénal, la loi n°28-07 prévoit des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes en cas de mise sur le marché de produits alimentaires dangereux.

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