Bilan 2025 du ministère public marqué par un renforcement de la protection sociale et judiciaire
Présenté par le procureur général du Roi et président du ministère public, M. Hicham Balaoui, le bilan 2025 de l’action des parquets souligne une intensification des mécanismes de protection sociale. Les chiffres attestent d’un engagement renforcé contre les violences faites aux femmes, la traite des êtres humains, l’abandon scolaire et le mariage des mineurs.
Le bilan annuel de l’action des parquets, présenté par le procureur général du Roi et président du ministère public, M. Hicham Balaoui, pour l’exercice 2025, révèle une mobilisation accrue en faveur des catégories sociales les plus fragiles. L’analyse des données judiciaires et des initiatives de protection sociale met en lumière une intensification des efforts dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la traite des êtres humains, le décrochage scolaire et les unions de mineurs.
Les statistiques dévoilées témoignent de la persistance d’un phénomène préoccupant : les violences à l’encontre des femmes. Le nombre de doléances enregistrées a franchi le seuil des 79 000, atteignant précisément 79 059 cas instruits par les services du parquet. Cette masse de signalements a engendré l’ouverture de 24 806 dossiers judiciaires distincts, menant à des poursuites pénales engagées contre près de 25 885 individus. Ces chiffres illustrent non seulement la gravité des actes, mais aussi la capacité de l’appareil judiciaire à traiter un volume conséquent d’affaires sensibles. Parallèlement, le ministère public a recensé 105 affaires relevant de la traite des êtres humains, un crime pour lequel toutes les mesures légales requises ont été promptement mises en œuvre.
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Un volet significatif de l’action du ministère public a été consacré à la défense du droit fondamental à l’éducation. En application des dispositions de la Convention nationale de lutte contre l’abandon scolaire, les parquets ont joué un rôle moteur dans la réinsertion des élèves ayant interrompu leur parcours éducatif.
Au cours de l’année scolaire 2024-2025, cette politique volontariste a permis le retour sur les bancs de l’école de 78 221 élèves. Il est à noter que les filles représentent une part importante de ces réintégrations, soit 39 % du total, soulignant une attention particulière portée à la continuité de leur scolarité. Cette performance atteste de l’efficacité de la coordination entre les instances judiciaires et les établissements scolaires pour garantir l’accès à l’instruction.
La lutte contre le mariage précoce constitue un autre pilier de la stratégie de protection de l’enfance. Le président Balaoui a insisté sur la contribution active des parquets aux programmes nationaux visant à préserver l’intérêt supérieur de l’enfant. L’engagement se traduit par une politique de rejet ferme des demandes d’autorisation de mariage impliquant des mineurs. Le nombre d’avis motivés émis par le ministère public en faveur du refus a atteint 12 174 requêtes, ce qui représente une proportion écrasante de 84 % de l’ensemble des requêtes enregistrées durant l’année 2025.
Cette proportion marque une progression notable de 12 points de pourcentage par rapport à l’année précédente, où le taux de refus s’établissait à 72 %. Cette évolution traduit un durcissement de la position des magistrats et un renforcement de l’approche protectrice adoptée par l’institution judiciaire à l’égard des droits de l’enfant.

