Quelles perspectives pour 2026 ?
Le marché de l’emploi marocain connaît une profonde mutation. Selon la dernière analyse de ReKrute, une agence de recrutement en ligne, plus de 71.000 offres ont été publiées au cours des douze derniers mois, illustrant l’évolution rapide des métiers, des profils et des compétences recherchées.
Les données issues de l’analyse mettent en lumière la nouvelle cartographie du marché de l’emploi marocain. Les services concentrent 54,3 % des offres d’emploi, devant l’industrie qui capte 21,6 % du marché. D’autres secteurs confirment également leur dynamisme, notamment la distribution (7,1 %), l’enseignement et la formation (5,9 %), la construction (4,8 %), ainsi que l’agriculture et les mines (3,8 %).
Le rapport met par ailleurs en avant la progression des opportunités dans les métiers du commerce et de la logistique, portée par la montée en compétences et le déploiement de nouveaux projets d’infrastructures. Certaines évolutions sont également relevées, à l’image du tourisme, dont la part progresse (2,1 % contre 1,3 % en 2024), tandis que le secteur public enregistre un net recul (0,4 % contre 5 % l’année précédente).
Du côté des fonctions, les métiers liés à l’informatique et à l’électronique enregistrent une nette progression, représentant désormais 18 % des recrutements, contre 10 % l’an dernier. Mais la tendance la plus marquante reste l’émergence de profils hybrides : des professionnels capables d’allier expertise métier, maîtrise des outils digitaux et compréhension des enjeux liés à l’intelligence artificielle. Les domaines de la finance, des ressources humaines, de la gestion de projet et de la supply chain illustrent pleinement cette évolution.
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Sur le plan académique, les diplômes de niveau Bac+5 et plus demeurent les plus recherchés. Toutefois, ils ne suffisent plus, à eux seuls, à faire la différence. Les recruteurs accordent désormais une importance accrue aux preuves concrètes de compétences. Projets réalisés, capacité d’apprentissage et maturité professionnelle figurent parmi les critères de plus en plus déterminants, et doivent être clairement valorisés dans le curriculum vitae (CV) des candidats.
La répartition géographique des offres reste, quant à elle, fortement concentrée. Casablanca capte 48,5 % des opportunités, loin devant Rabat (26,2 %). Marrakech (8,6 %) et Tanger (4,2 %) confirment toutefois une dynamique émergente, portée notamment par la ville ocre. Cette forte concentration géographique renforce les enjeux de mobilité professionnelle et accentue les disparités territoriales.
Enfin, le rapport projette pour 2026 des perspectives structurées autour de trois axes majeurs : le digital et l’intelligence artificielle, les infrastructures et l’offshoring à forte valeur ajoutée. L’enjeu est clair : développer des compétences transversales, consolider les soft skills et apprendre à mobiliser l’IA avec pertinence, tout en conservant un esprit critique.

