Economie

L’approche du Ramadan 2026 ravive les tensions sur les marchés et les prix alimentaires

À quelques semaines du Ramadan 2026, les marchés marocains font face à une pression inédite. Les pluies de janvier ont perturbé les récoltes, la pénurie de main-d’œuvre perdure, et l’inflation saisonnière alimente la hausse des prix, fragilisant les ménages et pesant sur la consommation.

L’approche du mois sacré de Ramadan, prévu autour du 17 ou 18 février 2026, est traditionnellement un moment de forte tension sur les marchés marocains. Cette période, caractérisée par une augmentation significative de la demande, voit les dépenses des ménages s’accroître en moyenne de 18,2 % par rapport aux autres mois de l’année, selon les analyses du Haut-Commissariat au Plan. Cependant, le Ramadan 2026 s’annonce sous le signe d’une double contrainte : l’inflation saisonnière habituelle, exacerbée par un choc climatique récent qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement en produits frais.

 Les fortes précipitations enregistrées au Maroc en janvier 2026, bien que bénéfiques pour le remplissage des barrages et l’agriculture à long terme, ont eu un effet immédiat et délétère sur les récoltes de courte durée. La boue et l’engorgement des terres agricoles ont rendu de nombreuses parcelles difficilement accessibles, entravant considérablement les opérations de récolte, notamment pour les cultures de racines comme la pomme de terre et la carotte.

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Ce ralentissement logistique a mécaniquement réduit l’offre sur les marchés de gros, contribuant directement à une hausse sensible des prix. À cela s’ajoute une crise structurelle de la main-d’œuvre agricole, dont le salaire journalier a atteint 200 dirhams sans pour autant combler le déficit en travailleurs. Cette pénurie, due en partie à l’exode rural et à la migration vers l’étranger, complique la capacité du secteur à répondre rapidement à la demande accrue, même en cas de conditions météorologiques favorables.

Les données de la fin de l’année 2025 et du début de 2026 confirment une tendance inflationniste, particulièrement visible sur les produits de première nécessité consommés durant le Ramadan. Les viandes rouges, piliers de la table du Ftour, ont vu leurs prix augmenter de manière significative. Le média économique Médias24 a notamment relevé qu’à Casablanca, le prix minimum de la viande ovine a progressé de 5 DH/kg pour atteindre 100 DH/kg, avec un maximum à 115 DH/kg. La viande bovine a également connu une légère hausse de 1 à 2 DH/kg, s’établissant entre 70 DH/kg et 95 DH/kg.

Du côté des légumes, l’impact des pluies et des difficultés de récolte est palpable. La carotte a enregistré une nette progression, son prix minimum passant à 3,50 DH/kg (soit une hausse minimale de 1,5 DH/kg), avec un maximum atteignant 7 DH/kg. La pomme de terre, autre produit de base, a maintenu une relative stabilité, se négociant entre 2,50 DH/kg et 4 DH/kg. Enfin, des produits essentiels comme la tomate se maintiennent entre 2 DH/kg et 5 DH/kg, bien que leur volatilité reste élevée en raison des perturbations logistiques, comme l’indiquent les relevés des marchés de gros.

Au-delà des aléas climatiques, des facteurs structurels continuent d’exercer une pression sur les prix. Les exportations massives de produits sous serre, notamment les tomates et les poivrons, vers les marchés européens et du Golfe, réduisent l’offre disponible pour le consommateur marocain, un point soulevé par les professionnels du secteur.

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