MRE et tourisme amortissent la hausse du déficit commercial
En ce début de 2026, les statistiques de l’Office des changes dressent le portrait d’échanges extérieurs contrastés : la robustesse des transferts des MRE et la forte dynamique touristique soutiennent la balance des paiements, malgré l’aggravation du déficit commercial du Maroc.
L’Office des changes a récemment levé le voile sur ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs, couvrant les onze premiers mois de l’année 2025. L’analyse approfondie de ces statistiques révèle les forces motrices qui soutiennent la balance des paiements du Royaume face aux pressions structurelles.
Les flux financiers émanant des Marocains résidant à l’étranger (MRE) continuent de s’affirmer comme un pilier de la stabilité monétaire nationale. À la clôture du mois de novembre, ces envois de fonds ont atteint un montant cumulé de 111,53 milliards de dirhams, marquant une progression annuelle de 1,6 % par rapport aux 109,8 milliards enregistrés durant la même période en 2024. Ce volume substantiel atteste de la fidélité et de la constance de cette diaspora, injectant une liquidité non négligeable dans l’économie nationale, et confirmant leur rôle d’amortisseur social et économique.
Lire aussi : La paire USD/MAD se déprécie de 0,56% du 22 au 26 décembre (AGR)
Parallèlement à cette performance, le secteur du tourisme connaît une croissance soutenue, se positionnant comme un moteur de croissance majeur. Les recettes voyages ont connu une ascension fulgurante, s’établissant à 124,14 milliards de dirhams, ce qui représente une croissance spectaculaire de 18,7 % en glissement annuel, contre 104,54 milliards un an plus tôt. Bien que les dépenses de voyages aient également progressé de 12,7 % (atteignant 30,15 milliards de dirhams), le solde de la balance voyages s’est considérablement bonifié, affichant un excédent de plus de 93,98 milliards de dirhams, soit une amélioration remarquable de 20,8 %.
L’impact conjugué de ces excédents est manifeste : ils propulsent le surplus global de la balance des services à 147 milliards de dirhams, soit une augmentation significative de 15,1 %. Cette manne financière est essentielle pour contrebalancer la détérioration de la balance commerciale des biens. Le déficit commercial s’est en effet aggravé de manière significative, atteignant 328,8 milliards de dirhams, soit une augmentation de 22,4 % à fin novembre. Cette distorsion est principalement imputable à une croissance soutenue des importations (+9,2 % pour un total de 725,34 milliards de dirhams), qui surpasse largement la progression plus timide des exportations (+1,8 % à milliards de dirhams).

