Economie

la chute des prix redonne de l’air aux ménages marocains

Après avoir atteint des sommets historiques l’an dernier, dépassant parfois les 100 dirhams le litre, le prix de l’huile d’olive connaît une nette détente sur les marchés marocains. En ce début de campagne 2025-2026, le litre se négocie désormais autour de 50 dirhams, voire en dessous dans certaines régions. Une évolution accueillie avec soulagement par les ménages, après deux années marquées par une forte pression sur le pouvoir d’achat.

Cette baisse s’explique avant tout par une campagne oléicole exceptionnelle. Les précipitations enregistrées au cours des derniers mois ont favorisé une reprise spectaculaire de la production, avec des rendements élevés dans la plupart des bassins oléicoles du Royaume. Dans des régions comme Marrakech-Safi, Fès-Meknès ou encore Béni Mellal-Khénifra, les unités de trituration tournent à plein régime, alimentées par une offre abondante d’olives.

Sur le terrain, les acteurs de la filière confirment ce retournement de tendance. Les olives se vendent aujourd’hui à des niveaux bien inférieurs à ceux de l’an dernier, ce qui se répercute directement sur les prix de l’huile. Cette abondance tranche avec la saison précédente, marquée par la sécheresse, la rareté du produit et une flambée des tarifs, qui avait contraint de nombreux foyers à réduire leur consommation.

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Si cette accalmie est une bonne nouvelle pour le consommateur, elle s’accompagne toutefois de difficultés persistantes pour les producteurs. La baisse des prix intervient dans un contexte de hausse continue des charges, notamment le coût de la main-d’œuvre. Dans plusieurs régions, la pénurie de travailleurs agricoles ralentit la récolte, laissant une partie des olives sur les arbres. Les salaires journaliers ont fortement augmenté, pesant sur la rentabilité des exploitations, déjà fragilisées par plusieurs années de sécheresse.

Du côté des professionnels, le constat est partagé : la campagne est excellente sur le plan quantitatif, mais plus complexe économiquement. L’abondance de l’offre tire les prix vers le bas, tandis que les coûts de récolte et de transformation continuent d’augmenter. Un paradoxe qui met en lumière les fragilités structurelles de la filière oléicole marocaine.

Les prochains mois seront déterminants pour mesurer la durabilité de cette baisse. Si la tendance actuelle se confirme, elle pourrait stimuler la demande intérieure et rééquilibrer le marché. Reste à savoir si cet équilibre pourra se maintenir sans fragiliser davantage les producteurs, appelant à une réflexion plus large sur l’organisation de la filière, la valorisation de la production nationale et la protection du pouvoir d’achat des consommateurs.

Entre soulagement des ménages et pression sur les agriculteurs, la campagne oléicole 2025-2026 illustre une réalité contrastée : une abondance bienvenue, mais des défis toujours bien présents.

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