Gouvernement, élections, critiques envers le PAM… El Mansouri contre-attaque
Fatima Ezzahra El Mansouri a répondu aux critiques de l’opposition, ce jeudi à la Chambre des représentants. Défendant la formation de son gouvernement et les choix de sa majorité, la cheffe de l’Exécutif a dénoncé la « diabolisation » de son parti, le PAM, et accusé le PJD de tenir un double discours sur les élections et les institutions.
En ouverture de sa réponse, El Mansouri est revenue sur la portée de son accession à la tête du gouvernement. « Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une femme dirige le gouvernement. Je ne le vis pas comme une fierté personnelle, mais comme une fierté pour toutes les femmes du pays », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois regretté la teneur de certaines interventions, disant avoir espéré « un débat politique de qualité », plutôt que des accusations et des attaques contre les partis.
« Quand on gagne, on félicite ; quand on perd, on dénonce le contrôle »
La cheffe du gouvernement s’est notamment attaquée aux discours contestant les conditions du scrutin. Elle a rappelé que les différents partis, dont le PJD, avaient participé aux consultations électorales et que le ministre de l’Intérieur s’était montré ouvert aux propositions de chacun.
« Je suis surprise de voir un parti louer le processus lorsqu’il gagne, puis parler de contrôle lorsqu’il perd », a-t-elle lancé, estimant que cette attitude contribue à affaiblir la confiance des citoyens. À ceux qui reprennent ces arguments, elle a adressé une réplique directe : « Ce discours vous a permis de gagner en 2011. Aujourd’hui, il ne fonctionne plus. »
El Mansouri a également défendu son droit de répondre aux attaques visant le PAM. Après avoir écouté les interventions parlementaires pendant quatre heures, par respect pour les représentants des citoyens, elle a affirmé ne pas pouvoir laisser sans réponse les propos mettant en cause son parti.
Le PAM défendu, les responsabilités individuelles mises en avant
Concernant les irrégularités évoquées à Tanger, El Mansouri a soutenu qu’elles relevaient de comportements individuels et non d’une orientation du parti. Elle a assuré que le PAM avait pris des mesures de suspension, rappelant qu’une démarche comparable avait été suivie par le PJD à l’égard de l’un de ses candidats poursuivi en 2015.
« La justice doit se prononcer et personne ne bénéficie d’une immunité », a-t-elle insisté. Sans exclure l’existence de cas individuels, elle a rejeté leur utilisation pour qualifier l’ensemble d’une formation politique.
Elle a, dans le même temps, reproché à ses adversaires de passer sous silence les affaires concernant leurs propres rangs, évoquant l’arrestation à Safi d’une personne liée au PJD dans une affaire de stupéfiants.
Sur la participation électorale, El Mansouri a appelé à une remise en question collective. « Notre responsabilité est commune », a-t-elle affirmé, invitant les partis à revoir leurs discours et leur rapport à une nouvelle génération qui attend « des résultats, pas des discours et des accusations ».
Une majorité fondée sur les programmes et les références
Sur la composition de son équipe, El Mansouri a défendu une coalition reposant sur des convergences politiques et programmatiques, plutôt que sur la seule addition des sièges. Elle a évoqué ses échanges avec les formations de gauche et affirmé sa disposition à dialoguer avec tous les partis, y compris le PJD, dont elle a dit respecter la position.
« Il ne s’agit pas d’un remaniement, mais d’un nouveau gouvernement avec une nouvelle ambition », a-t-elle souligné, tout en reprochant à certains intervenants de confondre programme gouvernemental, déclaration gouvernementale et loi de finances.
Enfin, elle a justifié les choix opérés à la tête des secteurs sociaux et économiques. La nomination de Nabil Benabdallah à l’Éducation répond, selon elle, à la volonté de confier ce chantier à un responsable politique. Elle a également défendu Youns Bjijou face à des accusations qu’elle estime dépourvues de preuves et présenté l’arrivée de Khalid Hatimy à l’Agriculture comme une réponse aux difficultés du secteur, notamment concernant les prix des viandes.
Réaffirmant que ses engagements doivent être jugés sur l’ensemble du mandat, El Mansouri a conclu par une nouvelle critique du PJD : « Certains ont passé dix ans au gouvernement et viennent aujourd’hui nous donner des leçons sur l’éducation et la santé. C’est étonnant ! »
H.M.
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