flambée des prix de la viande et pression accrue sur le pouvoir d’achat
À l’approche du mois de Ramadan, la hausse des prix alimentaires se confirme, avec une tension particulière sur la viande rouge. Malgré le recours aux importations, notamment en provenance du Brésil et de l’Uruguay, les prix à la consommation oscillent généralement entre 100 et 130 dirhams le kilogramme, alimentant les inquiétudes autour du pouvoir d’achat des ménages marocains.
Ce scénario se répète presque chaque année à l’approche du mois sacré, période traditionnellement marquée par une augmentation de la demande. Selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat au Plan (HCP), publiés en janvier 2026, l’Indice des prix des produits alimentaires a enregistré une hausse de 0,8 %, tandis que les prix de la viande ont progressé de 1,2 %.
Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance plus large. D’après le rapport du HCP consacré au Ramadan et au budget des ménages (édition 2024), les dépenses des ménages augmentent en moyenne de 18,2 % durant cette période, avec une hausse de 15,4 % en milieu urbain contre 4,8 % en milieu rural. Le document précise que 92 % de cette augmentation provient des ménages citadins. Les produits alimentaires figurent en tête des postes de dépenses en hausse, les viandes enregistrant une progression estimée à 26 % durant le mois de Ramadan.
Sur le terrain, les prix de la viande rouge dépassent actuellement les 100 dirhams le kilogramme, qu’il s’agisse de viande locale ou importée. Cette situation persiste alors même que les pouvoirs publics ont annoncé plusieurs mesures visant à contenir les prix. Le gouvernement a notamment décidé de doubler le quota d’importation des bovins, porté à 300 000 têtes, dans le cadre de sa stratégie de stabilisation du marché.
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Par ailleurs, dans une optique de soutien au pouvoir d’achat et d’approvisionnement du marché national, la Loi de Finances 2026 a introduit une disposition prévoyant l’exonération de certains droits à l’importation. Cette mesure reste toutefois conditionnée au dépôt d’une demande de franchise douanière accompagnant la déclaration d’importation, conformément aux procédures en vigueur.
S’exprimant sur le sujet lors de l’émission Le 12/13 de Médias24, le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader) a affirmé que le phénomène demeure difficile à expliquer, y compris pour les agriculteurs. Selon lui, le prix de sortie ferme de la viande rouge se situe entre 40 et 45 dirhams le kilogramme, ce qui devrait théoriquement se traduire par un prix de détail compris entre 75 et 80 dirhams.
Dans le même sens, Hicham Al Jaouabri, secrétaire régional des grossistes en viande rouge de la région Casablanca-Settat, indique que le marché propose actuellement aussi bien de la viande locale que de la viande importée, principalement du Brésil et de l’Uruguay, avec des tarifs de gros avoisinant 70 dirhams le kilogramme.
Pour rappel, l’Observatoire marocain de protection du consommateur a récemment dénoncé, dans un communiqué, une situation qu’il qualifie d’« inacceptable ». L’Observatoire affirme que certaines viandes importées seraient commercialisées aux mêmes prix que les produits nationaux, une pratique qu’il juge contraire aux déclarations officielles mettant en avant le soutien de l’État au secteur de l’élevage national et aux agriculteurs marocains.
Dans ce contexte, la question de la régulation des circuits de distribution et de la transparence des prix demeure au cœur des préoccupations des consommateurs, à l’approche d’un Ramadan marqué par des contraintes budgétaires accrues pour de nombreux ménages.

