une inquiétude persistante à l’approche du Ramadan
À l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une hausse de la consommation de poisson, le prix de la sardine suscite une préoccupation croissante parmi les ménages marocains. Poisson emblématique de l’alimentation nationale, longtemps réputé pour son accessibilité, la sardine s’échange aujourd’hui entre 30 et 40 dirhams le kilogramme sur certains marchés. Un niveau inédit qui relance le débat sur l’approvisionnement et la régulation des prix.
Face à cette situation, les autorités assurent avoir anticipé les tensions. Le secrétariat d’État chargé de la pêche maritime a ainsi annoncé une série de mesures destinées à sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur et à contenir la hausse des prix durant le Ramadan. Parmi ces dispositions figurent l’interdiction d’exportation de la sardine congelée, ainsi que l’interdiction d’utiliser la sardine entière propre à la consommation pour la fabrication de farine et d’huile de poisson. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre de l’initiative « Le poisson à un prix raisonnable », qui vise à renforcer l’offre disponible au bénéfice des consommateurs.
Selon le délégué des pêches maritimes de Laâyoune, Mohammed Nafia, la récente flambée des prix s’explique principalement par la période de repos biologique, en vigueur du 1er janvier au 15 février dans plusieurs ports, à laquelle se sont ajoutées des conditions climatiques défavorables ayant réduit les volumes débarqués. Cette période de repos, rappelle-t-il, a pour objectif de préserver les stocks halieutiques, conformément aux recommandations scientifiques de l’Institut national de recherche halieutique (INRH).
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Dans ce contexte, la reprise progressive de l’activité de pêche dans des ports stratégiques tels qu’Agadir, Sidi Ifni, Tan-Tan, Tarfaya et Laâyoune devrait, selon les autorités, contribuer à rééquilibrer l’offre. Le port de Laâyoune occupe, à cet égard, une place centrale dans l’approvisionnement national, avec plus de 1 000 barques artisanales, 350 navires côtiers et 52 unités de transformation.
Cependant, plusieurs acteurs de la filière estiment que les facteurs naturels, à eux seuls, ne suffisent pas à expliquer l’ampleur de la hausse observée. La secrétaire d’État chargée de la pêche maritime, Mme Zakia Driouich, a rappelé que le prix de la sardine ne devrait pas dépasser 17 à 20 dirhams le kilogramme durant la période de repos biologique. Elle a également souligné que les prix pratiqués sur les marchés de gros demeurent inférieurs à ceux affichés au détail.
Dans la profession, certains dénoncent ainsi des marges jugées excessives et des pratiques assimilées à de la spéculation, appelant à un renforcement des contrôles sur les circuits de distribution afin d’assurer une meilleure transparence des prix.
À quelques semaines du Ramadan, la question du prix de la sardine reste donc au cœur des préoccupations. Entre la nécessaire préservation de la ressource halieutique, la régulation du marché et la protection du pouvoir d’achat, les autorités sont attendues sur l’efficacité des mesures engagées pour répondre à une demande accrue et apaiser les tensions autour de ce produit de base de l’alimentation marocaine.

