Le Maroc résiste sur le marché français en 2025
8ᵉ fournisseur de la France avec 3,7 % de part de marché, le Maroc démontre en 2025 la solidité de son industrie textile-habillement. Malgré la guerre des prix et la domination asiatique, le Royaume maintient sa présence en Europe grâce à un positionnement axé sur la qualité et la proximité.
Le Maroc a démontré une résilience notable sur le marché européen du textile-habillement, notamment en France, au cours des dix premiers mois de l’année 2025. Malgré une légère contraction de ses livraisons, le pays a réussi à conserver son statut de fournisseur essentiel pour l’Hexagone. Cette performance s’inscrit dans un contexte de mutation structurelle du marché, caractérisé par une rivalité acharnée et une orientation croissante vers les produits à bas prix.
Selon les chiffres officiels croisés des Douanes françaises et de l’Institut français de la mode, la position stratégique du Maroc est confirmée. Sur la période de janvier à octobre 2025, les importations françaises de vêtements en provenance du Royaume ont ainsi totalisé 734,5 millions d’euros. Ce montant représente un recul modéré de 3% par rapport à l’exercice précédent, mais il suffit à maintenir le Maroc au huitième rang des fournisseurs de la France dans ce secteur. Sa part de marché s’établit ainsi à près de 3,7% du volume global des achats français.
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Cette stabilité est d’autant plus remarquable que le marché français est en pleine transformation. L’analyse globale des Douanes françaises révèle que le total des importations d’habillement a atteint 19,83 milliards d’euros, n’enregistrant qu’une faible progression de 1% sur un an. Ce ralentissement témoigne de l’atonie du marché et, plus fondamentalement, d’un glissement vers le bas de gamme. Les rapports du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement (Cedith) soulignent que cette situation s’explique par le fait que si les consommateurs français continuent d’acheter des volumes importants, ils le font à des tarifs toujours plus réduits. Cette dynamique a entraîné une chute moyenne de 6% des prix unitaires des vêtements importés par rapport à fin octobre 2024.
Face à cette guerre des prix, le Maroc a misé sur une stratégie axée sur la qualité. Il se positionne sur le segment du milieu et haut de gamme, ce qui explique un prix de vente nettement supérieur à la moyenne du marché. Cette approche lui permet de se maintenir au huitième rang des fournisseurs de l’Union Européenne sur les neuf premiers mois de 2025, résistant ainsi à la pression concurrentielle des géants asiatiques.
Le classement des principaux pourvoyeurs de la France illustre cette domination. La Chine et le Bangladesh occupent les deux premières places avec des montants respectifs de 4,65 milliards d’euros (+7%) et 3,10 milliards d’euros (+6%). Des pays comme le Vietnam (+10%) et l’Inde (+6%) affichent également des croissances significatives. Dans ce paysage, la part de l’Asie dans les importations françaises s’élève désormais à 61%, tandis que celle des pays méditerranéens (Maroc, Tunisie, Turquie) a décru pour atteindre seulement 14%.
Malgré cette érosion de la part méditerranéenne, le Maroc parvient à devancer des acteurs majeurs comme la Tunisie (727 millions d’euros, -6%) et le Pakistan (613,4 millions d’euros, +14%), confirmant son rôle de bastion de la production de proximité et de qualité pour l’Europe. Sa capacité à naviguer dans un environnement économique difficile, en misant sur la valeur ajoutée plutôt que sur le volume pur, est la clé de sa pérennité sur ce marché exigeant.

