quand le Maroc a choisi la liberté
Le 11 janvier ne sera ni un jour ordinaire ni un simple dimanche. À cette date, l’ensemble du Royaume commémore le 82ᵉ anniversaire du Manifeste de l’Indépendance de 1944, un acte fondateur de l’histoire contemporaine du Maroc. Cette journée symbolise la lutte pour la liberté, l’affirmation de la souveraineté nationale, l’attachement indéfectible à la monarchie et la volonté d’égalité et de dignité portées par le mouvement national.
Si le Maroc est aujourd’hui un État indépendant, et si le 18 novembre est célébré chaque année comme la Fête de l’Indépendance, c’est au prix des sacrifices consentis par des femmes et des hommes engagés. À leur tête, feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, intronisé le 18 novembre 1927 et considéré comme le père de la Nation. Refusant toute compromission, il choisit l’exil avec sa famille pendant plus de deux ans, entre le 20 août 1953 et le 16 novembre 1955, plutôt que d’abandonner son peuple.
Le 11 janvier 1944 ne fut pas une date anodine. Près de soixante-dix nationalistes marocains, parmi lesquels Malika Fassi, seule femme signataire, apposèrent leur nom au bas du Manifeste de l’Indépendance. Le document fut présenté au Sultan Mohammed Ben Youssef, dans un contexte international marqué par la Seconde Guerre mondiale.
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Un an auparavant, en janvier 1943, le Souverain avait pris part à la Conférence d’Anfa, aux côtés de son fils, alors futur Roi Hassan II. L’image du Sultan, vêtu de la jellaba traditionnelle, aux côtés du président américain Franklin D. Roosevelt et du Premier ministre britannique Winston Churchill, demeure gravée dans la mémoire collective. L’objectif était clair : préparer la fin du régime du protectorat, une cause que le président Roosevelt considérait comme légitime.
La lutte pour l’indépendance s’était toutefois engagée bien avant. Elle débuta formellement avec la signature du Traité de Fès, le 30 mars 1912, par le Sultan Moulay Abdelhafid et l’ambassadeur français Eugène Regnault. À travers tout le pays, la résistance s’organisa, donnant lieu à des affrontements emblématiques, tels que la bataille d’El Hri en 1914, menée par Moha Ou Hammou Zayani, ou celle d’Anoual en 1921, sous la conduite de Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi.
Le Dahir berbère du 16 mai 1930 marqua un tournant décisif dans la mobilisation nationale. À Fès, Salé et dans d’autres villes, les manifestations se multiplièrent, accompagnées de la récitation collective du Latif. Les Marocains affirmèrent alors, d’une seule voix, leur unité : un seul peuple, une seule nation.
De 1944 à 1956, le combat porta progressivement ses fruits. Le 2 mars 1956, le Maroc recouvra son indépendance, suivie de la restitution des territoires placés sous administration espagnole. Plus récemment, le 31 octobre 2025, les Marocains ont commémoré la reconnaissance internationale de la souveraineté du Royaume sur son Sahara. Une continuité historique s’impose alors, portée par une même exigence : celle de la dignité nationale.

