Economie

quels leviers pour le Maroc ?

L’horizon économique mondial pour 2026 s’annonce marqué par une croissance modérée, estimée à 2,7 %. Cette projection traduit un léger repli par rapport à l’année précédente et demeure nettement inférieure à la moyenne prépandémique de 3,2 %. Dans ce contexte macroéconomique empreint de prudence, le Maroc se distingue néanmoins par des signaux de résilience, témoignant de sa capacité à progresser malgré un environnement international contraignant.

Le récent rapport des Nations Unies, intitulé World Economic Situation and Prospects et publié le 8 janvier 2026, atténue les craintes d’un choc systémique imminent. Selon ce document, l’économie mondiale devrait éviter une rupture brutale en 2026. Elle resterait toutefois engagée sur une trajectoire de croissance contenue, fragilisée par l’alourdissement de l’endettement, la persistance des tensions géopolitiques et des déséquilibres structurels profondément ancrés.

L’exercice 2025 a, par ailleurs, déjoué les scénarios les plus pessimistes. En dépit de l’escalade des droits de douane imposés par les États-Unis, l’économie mondiale a enregistré une croissance de 2,8 %, portée notamment par la vigueur de la consommation des ménages et par l’atténuation progressive des pressions inflationnistes. Cette résilience, bien que réelle, demeure toutefois fragile. La faiblesse persistante de l’investissement et la réduction des marges de manœuvre budgétaires continuent de peser sur l’activité, accentuant le risque d’un ralentissement prolongé.

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Le rapport onusien souligne également un apaisement partiel des tensions commerciales, qui a permis de limiter les perturbations les plus sévères du commerce international. Cependant, l’effet différé des hausses tarifaires, conjugué à une incertitude macroéconomique accrue, devrait se faire sentir plus nettement en 2026. Les risques financiers restent élevés, en particulier en raison de valorisations tendues sur certains segments liés à l’intelligence artificielle et de l’ampleur de l’endettement mondial.

En 2025, la revalorisation des salaires a constitué un levier important de soutien à la demande intérieure, à travers des hausses du salaire minimum dans de nombreuses économies. La quasi-totalité des États membres de l’Union européenne disposant d’un salaire minimum national ont procédé à des ajustements, tout comme vingt-et-un États américains. Plusieurs pays en développement, dont le Maroc, ont également relevé leurs salaires minimums, contribuant à l’amélioration des revenus des ménages, sans pour autant compenser intégralement l’érosion du pouvoir d’achat accumulée ces dernières années.

Les économies en développement ont, dans l’ensemble, affiché une croissance du PIB réel de 3,8 % en 2024, accélérant à 4,7 % en 2025, avant une décélération attendue à 4,2 % en 2026. L’inflation y est restée globalement contenue, s’établissant à 1 % en 2024 et 2025, avec une légère remontée projetée à 1,4 % en 2026.

Face à l’intensification des tensions commerciales, aux pressions tarifaires persistantes et aux chocs climatiques récurrents, l’Organisation des Nations Unies appelle à un renforcement du multilatéralisme. Cette orientation est présentée comme essentielle pour prévenir une fragmentation durable de l’économie mondiale et pour promouvoir une trajectoire de développement plus inclusive, plus stable et plus résiliente à moyen terme.

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