Recettes en forte hausse, déficit structurel persistant
Porté par une nette surperformance des recettes fiscales et non fiscales, l’exercice budgétaire 2025 s’est soldé par des ressources globales largement supérieures aux prévisions. Cette dynamique favorable, détaillée par le ministère de l’Économie et des Finances, contraste toutefois avec la persistance d’un déficit structurel, révélant les fragilités de l’équilibre budgétaire.
L’exercice budgétaire 2025 a été marqué par une dynamique de recettes particulièrement robuste, les ressources globales ayant atteint 763,8 milliards de dirhams, soit un dépassement significatif de 16,1% par rapport aux prévisions initiales. Cette performance, détaillée dans le rapport annuel du ministère de l’Économie et des Finances, publié le 30 janvier 2026, révèle une capacité de mobilisation des fonds supérieure aux attentes. Cependant, cette vigueur des recettes contraste avec un déficit structurel persistant, soulignant les défis inhérents à la gestion des finances publiques.
Les recettes ordinaires ont constitué le pilier de cette performance, s’élevant à 409,9 milliards de dirhams et représentant 53,7% des ressources totales. Leur taux de réalisation de 111,1% est principalement attribuable à l’excellente tenue des recettes fiscales, qui ont totalisé 358,9 milliards de dirhams, excédant les prévisions de 8,8%. Une analyse plus fine révèle que les impôts directs ont joué un rôle prépondérant, atteignant 166,2 milliards de dirhams, soit 18,1% de plus que les estimations. L’impôt sur les sociétés, en particulier, a affiché une progression remarquable, générant 94,8 milliards de dirhams, bien au-delà des 74,2 milliards anticipés. De même, l’impôt sur le revenu a dépassé les prévisions, s’établissant à 65,8 milliards de dirhams.
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Parallèlement, les recettes non fiscales ont également contribué de manière significative, avec 51 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation impressionnant de 130,5%. Cette surperformance a été alimentée par les contributions de Bank Al-Maghrib, les revenus du domaine de l’État et diverses rentrées exceptionnelles. Les comptes spéciaux du Trésor ont, quant à eux, enregistré 224,3 milliards de dirhams, dépassant les prévisions de 38,5%, incluant une part substantielle provenant de la cession d’immeubles domaniaux.
Malgré cette conjoncture favorable en matière de recettes, l’équilibre budgétaire global reste précaire. Les charges totales de l’État ont atteint 765,1 milliards de dirhams, excédant les prévisions de 6,1%. Les dépenses ordinaires du budget général se sont élevées à 372,1 milliards de dirhams, dont près de la moitié (48,3%) a été allouée aux dépenses de personnel. Les investissements ont été réalisés à hauteur de 129,4 milliards de dirhams, en ligne avec les crédits prévus, tandis que les émissions des comptes spéciaux du Trésor ont atteint 194,8 milliards de dirhams.
En conséquence, bien qu’un solde ordinaire excédentaire de 37,9 milliards de dirhams ait été enregistré, le solde du budget de l’État, hors emprunts et amortissements de la dette, demeure déficitaire de 61,6 milliards de dirhams. L’intégration des recettes d’emprunts (126,1 milliards de dirhams) et des amortissements de la dette (65,9 milliards de dirhams) révèle un léger excédent des charges sur les ressources de 1,4 milliard de dirhams, confirmant la persistance d’un déséquilibre budgétaire à la clôture de l’année 2025.

