196 décisions, 6 avis, 267 réunions… L’activité du conseil de la concurrence en chiffres
Son rapport annuel 2025 vient d’être rendu public
Publication: Le contrôle des concentrations économiques et les missions consultatives sont au centre de l’action du Conseil de la concurrence. Tour d’horizon.
L’heure est au bilan pour le Conseil de la concurrence. Cette institution constitutionnelle vient de rendre public son rapport annuel. Dans les détails, le Conseil de la concurrence a rendu 196 décisions et émis 6 avis en 2025, couvrant l’ensemble de ses domaines de compétence, à savoir le contrôle des concentrations économiques, la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles ainsi que l’exercice de ses missions consultatives. S’agissant de la production décisionnelle, le contrôle préventif des concentrations économiques demeure prépondérant, représentant plus de 97% des décisions rendues et près de 94% de l’ensemble de la production des instances délibératives du Conseil.
«En matière contentieuse, le Conseil de la concurrence s’est prononcé sur 6 dossiers dont 2 saisines ayant concerné des préoccupations anticoncurrentielles soulevées sur le marché national des plateformes numériques de commande et de livraison de repas, puis celui d’approvisionnement du clinker constituant l’intrant de base pour la production du ciment. Les 4 autres dossiers concernent des saisines d’office engagées par le Conseil de la concurrence au titre d’opérations de concentration économique réalisées sans avoir obtenu son autorisation préalable. En outre, dans le cadre de l’instruction des affaires contentieuses et aux fins de la collecte des éléments nécessaires à l’établissement des faits, le Conseil de la concurrence a mobilisé, au cours de l’année 2025, les prérogatives que lui confère la loi en matière d’enquête et d’investigation sur le terrain», lit-on dans le document.

Le Conseil de la concurrence a mobilisé, au cours de l’année 2025, les prérogatives que lui confère la loi en matière d’enquête et d’investigation sur le terrain.
Le rapport précise enfin qu’en 2025, le Conseil de la concurrence a poursuivi le renforcement de ses missions et la consolidation de son rôle d’autorité de régulation économique, au service d’une concurrence libre, saine et loyale, ainsi que de la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs. Dans cette perspective, le Conseil a maintenu une cadence soutenue dans le fonctionnement de ses instances délibérantes, guidées par les principes de neutralité, d’impartialité et d’objectivité. Durant cet exercice, les différentes formations du Conseil ont tenu 267 réunions dont 12 de son Collège. Aussi, le Conseil de la concurrence souligne l’amélioration de l’activité économique durant l’année écoulée.
«Sous l’impulsion éclairée de Votre Majesté, l’année 2025 a été marquée par la poursuite du redressement de l’économie nationale et par la consolidation d’une dynamique de croissance plus soutenue, malgré un environnement international demeuré marqué par les tensions géopolitiques, les risques de ralentissement économique et le maintien de politiques monétaires restrictives dans plusieurs économies. Le taux de croissance de l’économie nationale s’est ainsi établi à 4,9% en 2025, après 4,4% réalisé en 2024, traduisant le renforcement progressif de la relance économique et l’inscription du Royaume dans une trajectoire de croissance plus stable, se rapprochant des objectifs du Nouveau modèle de développement», précise le document.
Et de poursuivre: «Cette évolution illustre la résilience de l’économie marocaine et sa capacité à faire face aux chocs externes, à s’adapter aux contraintes les plus exigeantes et à mobiliser efficacement les forces productives nationales. Cette dynamique s’est affirmée alors même que le Royaume a continué de faire face à un stress hydrique prolongé. Grâce à la Haute Sollicitude de Votre Majesté et aux orientations stratégiques ayant guidé l’action publique, les effets de ces contraintes ont pu être atténués, permettant de préserver les équilibres économiques et de soutenir les conditions de la croissance. Forte de cette résilience, l’économie nationale a renforcé sa capacité à transformer les mutations et les incertitudes de l’économie mondiale en opportunités de développement, dans le respect des impératifs de souveraineté, de durabilité, d’inclusion et de sécurité économique».

Le Conseil de la concurrence souligne l’amélioration de l’activité économique durant l’année écoulée.
Dans le secteur de l’industrie, la même source fait savoir que la résilience du secteur s’est consolidée avec l’atténuation des contraintes liées à l’approvisionnement en intrants et aux coûts de production. Cette dynamique a résulté d’une utilisation plus intensive des capacités productives et d’un renouvellement du tissu industriel marqué par le recul des fermetures d’entreprises par rapport à la période post-Covid.
Consommation et investissements
Selon le rapport du Conseil, la consommation des ménages a poursuivi sa progression, à un rythme toutefois inférieur à celui du PIB. Elle a bénéficié du ralentissement de l’inflation, de l’amélioration de certaines composantes du revenu réel, notamment les salaires dans le secteur public et les transferts des Marocains résidant à l’étranger, ainsi que de la poursuite, conformément aux Hautes Orientations de Votre Majesté, des programmes d’aides sociales directes et des aides au logement.
La hausse des crédits à la consommation a également contribué au soutien de cette dynamique. «Par ailleurs, la dynamique de l’investissement s’est consolidée grâce à l’orientation des capitaux publics et privés vers des projets structurants, notamment dans les infrastructures, dans le cadre des réformes engagées portant sur la Charte de l’investissement, la réforme des établissements et entreprises publics, le développement des partenariats public-privé et les mécanismes de soutien à l’accumulation du capital», lit-on dans le rapport. Et d’ajouter: «Cette progression a été soutenue par le renforcement de l’investissement public et par la hausse de l’investissement privé, comme en témoignent l’augmentation des importations de biens d’équipement, la progression des crédits d’équipement accordés aux entreprises et l’amélioration sensible des flux nets d’investissements directs étrangers».
Partenariat
Coopération: En matière de partenariat national, le Conseil de la concurrence a renforcé son cadre de coopération à travers la conclusion de conventions structurantes avec plusieurs institutions, notamment l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État, le Haut-Commissariat au Plan et l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. Ces conventions visent à améliorer la coordination institutionnelle, à favoriser l’échange d’informations et à promouvoir une culture de concurrence loyale, tout en contribuant à la transparence, à la qualité de la décision publique et au renforcement de la gouvernance économique.
Parallèlement, le Conseil a poursuivi son ouverture sur le monde académique à travers l’organisation de rencontres pédagogiques et l’accueil de stagiaires, contribuant ainsi à la diffusion des principes de la concurrence et au renforcement des compétences. Sur le plan international, le Conseil a consolidé ses actions de coopération et de renforcement des capacités à travers des échanges avec des autorités homologues et la participation à des séminaires spécialisés, notamment en Europe. Il a également pris part à plusieurs rencontres internationales de référence, confirmant son implication dans les réseaux régionaux et mondiaux de la concurrence, ainsi que sa contribution aux réflexions sur les politiques concurrentielles et les enjeux économiques globaux.
Bilan en chiffres
Domaine de compétences
En 2025, le Conseil de la concurrence a rendu 196 décisions et a émis 6 avis, couvrant l’ensemble de ses domaines de compétence, à savoir le contrôle des concentrations économiques, la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles ainsi que l’exercice de ses missions consultatives.
Concentration économique
S’agissant de la production décisionnelle, le contrôle préventif des concentrations économiques demeure prépondérant, représentant plus de 97% des décisions rendues et près de 94% de l’ensemble de la production des instances délibératives du Conseil.
Réunion
Le Conseil a maintenu une cadence soutenue dans le fonctionnement de ses instances délibérantes, guidées par les principes de neutralité, d’impartialité et d’objectivité. Durant cet exercice, les différentes formations du Conseil ont tenu 267 réunions dont 12 de son Collège.
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