Le CESE plaide pour une refonte des politiques de justice sociale
Le 9 février 2026, lors de la séance inaugurale du dixième Forum parlementaire international pour la justice sociale, Abdelkader Amara, président du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), a exposé la vision du Maroc : faire de la justice sociale un levier stratégique de résilience nationale et de développement inclusif.
Dans un monde en proie à des mutations exogènes incessantes et souvent imprévisibles, le discours d’Abdelkader Amara a souligné que la justice sociale ne saurait plus être appréhendée comme une simple aspiration éthique ou un idéal lointain, mais bien comme le pivot central d’une résilience stratégique nationale.
L’allocution a d’emblée mis en exergue la transition nécessaire d’un modèle de croissance purement quantitatif vers une approche holistique où la dignité humaine et l’équité des chances constituent les indicateurs de performance cardinaux. Sous l’Impulsion Royale, le Royaume a entamé une mue historique à travers la généralisation ambitieuse de la protection sociale.
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Les données chiffrées corroborent la célérité de cette dynamique : le taux de couverture de l’Assurance Maladie Obligatoire a connu une progression fulgurante, s’élevant désormais à 88 %, tandis que le programme d’aide sociale directe bénéficie déjà à quelque quatre millions de ménages. Cette architecture, loin d’être une simple réponse conjoncturelle aux crises actuelles, s’inscrit dans une vision de long terme visant à sanctuariser les droits fondamentaux des citoyens face aux aléas économiques mondiaux.
Toutefois, Abdelkader Amara a rappelé que la protection sociale, bien que nécessaire, ne saurait constituer l’unique rempart de la résilience collective. Celle-ci repose sur une synergie de leviers interdépendants et complémentaires. La valorisation du capital humain, par le biais d’un système éducatif flexible et en adéquation avec les ruptures technologiques contemporaines, demeure la condition sine qua non de l’employabilité future des jeunes et des femmes.
Parallèlement, l’émergence d’une « économie du care » et le renforcement de l’économie sociale et solidaire offrent des perspectives de croissance inclusive, capables de résorber les zones de vulnérabilité subsistantes. L’intégration de l’intelligence artificielle et la transition numérique sont également présentées comme des vecteurs essentiels de désenclavement spatial et de transparence administrative.
Pour pérenniser ces acquis et affronter les défis climatiques, notamment le stress hydrique, le président du CESE a esquissé les contours d’un modèle de justice sociale reposant sur quatre piliers structurels. D’abord, la définition d’objectifs clairs visant la réduction des disparités territoriales.
Ensuite, la mise en place d’une gouvernance rigoureuse, appuyée par des mécanismes d’évaluation indépendants pour consolider durablement la confiance institutionnelle.
Par ailleurs, la nécessaire convergence des politiques sectorielles afin de maximiser l’impact des interventions publiques. Enfin, l’assurance d’un financement soutenable, grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale et à des partenariats public-privé innovants.

