Economie

Un arbitre éclairé au cœur de l’économie marocaine

Lors de sa rencontre annuelle avec les médias le 3 février 2026 à Rabat, M. Ahmed Rahhou, président du Conseil de la Concurrence, a présenté un bilan exhaustif des actions de l’institution. Son discours a mis en lumière la neutralité, l’efficacité et l’impact croissant du Conseil sur le paysage économique marocain, abordant des sujets clés tels que le contrôle des concentrations, l’émission d’avis proactifs et la gestion des contentieux.

M. Rahhou a réaffirmé le principe de « neutralité confidentielle » du Conseil, assurant un traitement identique à toutes les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, nationales ou étrangères. Cette impartialité est essentielle pour un marché équitable. Pour optimiser l’efficacité, le Conseil a introduit un « circuit rapide », permettant de traiter près de la moitié des dossiers de concentration en « quelques semaines ». Cette innovation, inédite dans l’administration marocaine pour les autorisations relevant d’un pouvoir de décision administrative, démontre la capacité du Conseil à moderniser ses procédures et à s’adapter aux exigences économiques.

Le Conseil ne se contente pas de réguler ; il est également une force de proposition influente. Les sujets d’avis sont sélectionnés pour leur « impact fort sur le pouvoir d’achat des citoyens » (santé, éducation, alimentaire) ou leur « intérêt général », comme l’exemple des cafés. M. Rahhou a précisé que l’avis sur les cafés, après une analyse approfondie de la chaîne d’approvisionnement, se déclinera en une série de quatre avis. La cadence de production a nettement augmenté, visant huit avis pour 2026, contre deux à trois initialement.

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Des analyses récentes sur les secteurs du ciment et du fer à béton, ainsi que des études sur les intrants du bâtiment, illustrent cette dynamique. Ces avis, « très fouillés » et « très appréciés », offrent une « vraie image des secteurs d’activité concernés » et éclairent tant les acteurs du marché que les législateurs. Les recommandations visent à moderniser un cadre réglementaire parfois obsolète et à faire évoluer le rôle de l’État vers celui d’un arbitre stratégique._

Contentieux : Reconnaissance et construction jurisprudentielle

L’augmentation des dossiers contentieux, avec seize cas en cours, atteste de la reconnaissance croissante du Conseil comme arbitre légitime. M. Rahhou a souligné une préférence pour la résolution amiable, illustrée par la restructuration d’un marché où un opérateur dominant a été remplacé par douze concurrents. Cependant, des sanctions sont appliquées en cas de non-coopération. La validation des décisions du Conseil par les tribunaux renforce sa jurisprudence et sa crédibilité. Chaque contentieux est l’occasion de tirer « leçons » et de formuler des « orientations générales », clarifiant ainsi l’application de la loi sur divers secteurs et contribuant à une jurisprudence solide.

En conclusion, l’intervention de M. Ahmed Rahhou a dépeint un Conseil de la Concurrence mature et proactif. Par son engagement envers la neutralité, son efficacité procédurale, et son influence consultative et jurisprudentielle, il s’impose comme un pilier essentiel à la construction d’un environnement concurrentiel sain, dynamique et équitable au Maroc. Le Conseil ne se contente pas d’appliquer la loi ; il contribue activement à son évolution et à l’éducation du marché, garantissant ainsi une meilleure régulation et une plus grande confiance des acteurs économiques.

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